charleston
La femme qui décida de passer une année au lit - Sue Townsend
Caractéristiques :
Genre : Roman
Grand format : 448 pages / 21,00 €
Résumé :
Eva, mariée, cinquante ans, mère de jumeaux au QI exceptionnel décide un jour de se mettre au lit pour ne plus en sortir. La raison est simple : elle est excédée par son train de vie. Et si les jumeaux ont enfin quitté la maison, c’est le bon moment pour se relâcher. Adieu les responsabilités, bonjour la paresse ! A ce moment, elle est loin de se douter que sa décision va entraîner de nombreuses conséquences plus ou moins inattendues. Bien que clouée au lit, elle fera la rencontre de plusieurs personnes qui vont rythmer son quotidien. Alexander, son chevalier servant, l’homme à la camionnette, celui qui n’était venu faire que de menus travaux prendra finalement une place importante dans la vie et dans le cœur d’Eva. Sa maman Ruby et sa belle mère Yvonne veillent toutes deux sur elle. Son mari Brian qui a une relation extra conjugale depuis huit ans va très mal vivre la situation… surtout car il n’est pas habitué à faire les choses par lui-même ! Fort heureusement, sa maîtresse Titania ne tardera pas à emménager dans la remise avec lui pour le distraire… Alors qu’en s’allongeant, Eva pensait pouvoir se reposer, elle ira de déconvenue en déconvenue : boudée et incomprise par sa famille d’un côté, mise au rang d’ange mystique par des âmes tourmentées de l’autre, elle n’aura de cesse de chercher la paix ….
Avis par Lolo :
Je dois dire que ce livre m’a beaucoup plu et que je l’ai lu d’une traite. Toutefois, je l’ai trouvé plus pathétique que drôle, mais je pense aussi que l’humour anglais leur est vraiment spécial. Du coup, chaque lecteur ne percevra pas forcément ce livre de la même façon ! L’histoire est à la fois banale et originale. En effet, chaque femme quinquagénaire avec mari et enfants se reconnaîtra sûrement un peu à travers Eva. Sauf que c’est la goutte d’eau qui va faire déborder le vase… En fait, une tache de soupe sur le beau fauteuil retapissé par ses soins va déclancher le signal d’alarme. Son ras le bol, qui a mon avis était en « sommeil » va atteindre là son paroxysme. Elle monte dans sa chambre se couche, toute habillée qui plus est, avec ses chaussures et ne voudra plus se lever de sitôt. Elle va devenir spectatrice de ce qu’implique son geste. Son entourage va se révéler sous son vrai jour. Son mari Brian, égoïste et infidèle. Ses jumeaux Brian Junior et Brianne surdoués mais horribles dans leur comportement complètement centrés sur eux-mêmes, aucune compassion pour leur mère, bref selon moi, des enfants détestables ! Le personnage le plus drôle à mes yeux est sans conteste la mère d’Eva : Ruby. Elle concentre les aspects les plus négatifs qui soient. Elle est raciste, égoïste bien sûr ! N’a aucun instinct maternel et se permet de faire des réflexions à tout va. Le « beau » personnage de ce roman est Alexander. Une sorte d’homme à tout faire, un peu rasta aussi mais qui va être le lien entre tous ces loufoques. Tout le monde va se reposer sur lui. J’ai eu du mal à trouver Eva attachante car à mon sens elle va trop loin, mais c’est justement le but du livre. Il y a quand même beaucoup de répliques et de situations amusantes et la scène que j’ai adorée est quand Eva explique à son mari la préparation de Noël en revivant littéralement celle de l’année précédente… Fantastique mais terrible ! L’auteur réalise ici un tour de force magistral en traitant de sujets graves sur un ton badin. Eva est une femme « au bout du rouleau »… Se pose alors la question fondamentale de savoir sur qui nous pouvons compter en pareil cas.
Avis par Audrey :
Sur la couverture du livre, nous pouvions lire, en parlant de l’auteure : « l’une des romancières les plus drôles de sa génération » (The Times). Je suis toujours assez sceptique face à ce genre de déclaration mais là je dois bien l’avouer j’ai franchement ri en lisant ces quelques 450 pages. Quelle réussite dans l’écriture !!! L’auteur distille à merveille des petites phrases à l’humour piquant qui nous font sourire tout au long du roman. Les personnages sont juste délirants : surtout les jumeaux, Brian junior et Brianne (notez déjà la loufoquerie !) qui, du haut de leur 17 ans et de leur 250 de QI, tâcheront de s’adapter au monde des « djeunz » en adoptant leur vocabulaire et en essayant de devenir plus « sociables ». Tâche qui se révèlera ardue mais qui provoquera de nombreuses situations comiques, au plus grand plaisir du lecteur. Quant à Brian (senior cette fois-ci), je l’ai trouvé tout aussi drôle dans sa gaucherie et son innocence ridicule. On comprend pourquoi Eva a décidé de se mettre au lit et d’y rester quand on imagine ce qu’à pu être son existence jusque là. A son propos, je dirais que s’il y a bien un personnage qui nous a fait un peu moins rire mais un peu plus réfléchir, c’est elle. En effet, chaque femme peut se retrouver un peu en Eva… On a toutes eu, à un moment, lassée par notre quotidien, envie de jeter l’éponge et de s’arrêter un instant pour souffler, réfléchir et se recentrer sur soi. C’est ce qu’a fait Eva, elle ne savait pas alors que ça allait prendre plus de temps que prévu et que loin de ne bouleverser que sa propre vie, c’est l’existence de tous son entourage qui va s’en trouver modifiée. Par ailleurs, j’ai aimé son introspection qui pousse le lecteur à se demander si ce personnage est en proie à la folie ou non… Question qui rythmera l’intégralité du roman et dont on aura quelques éléments de réponse, simplement suggérés par l’auteur. En bref, un roman loufoque, drôle et prenant, aux personnages à la fois communs et complètement excentriques qui vous feront vivre de vrais bons moments !!!
Le châle de cachemire - Rosie Thomas
Caractéristiques :
Genre : Roman
Grand format : 500 pages / 22,50 €
Résumé :
Alors que Mair vient de perdre son père, elle retrouve dans la maison familiale un somptueux et mystérieux châle de cachemire accompagné d’une boucle de cheveux d’enfant. A partir de cet indice, cette Galloise partira à la recherche de ses origines et de l’histoire de sa grand-mère Nerys, ancienne détentrice de l’incroyable tissu. Lors de son voyage, elle fera la connaissance des Becker qui l’accompagneront dans sa quête à travers l’Inde. En parallèle, on découvre la véritable histoire de Nerys Watkins, qui se déroule en 1940 dans ce même pays. Dans un contexte de guerre, elle va découvrir différentes villes (Srinagar, Leh…) qui vont marquer diverses parties de sa vie : son travail en temps qu’épouse de missionnaire, la rencontre de sa meilleure amie Myrtle, puis Caroline, son émancipation. Ces faits marquants vont à jamais changer son existence.
Avis par Audrey :
Rosie Thomas est une merveilleuse conteuse qui nous livre les secrets d’une Inde à deux époques très différentes : celle des années 40, où la guerre sévit et où les populations Européennes riches et légères côtoient la misère locale ; et l’Inde contemporaine. L’écriture est fluide et facile à lire. L’auteur nous plonge dans toute l’atmosphère d’un pays sans apporter trop de détails qui rendraient le récit trop lourd. Thomas réussit à montrer des images qui forment presque un film, tant elles sont criantes de vérité. J’ai aimé que la découverte du châle soit un prétexte au récit qui se déroule en 1940, car pour moi c’est le réel intérêt de ce livre. On aime découvrir la vie de Nerys, son évolution d’innocente épouse à la femme libérée, vive et indépendante qu’elle devient. J’adore son histoire d’amour avec Rainer qui est pleine de bons sentiments et qui joue avec le thème de l’amour impossible… La « concrétisation » de leur amour est super ! Cependant, l’histoire de Mair reste très prenante surtout avec les parallèles qui sont établis avec Nerys (les ateliers de tissage, la visite du cimetière). Elle parviendra ainsi à regrouper les morceaux de l’histoire de sa grand-mère (c’est un peu une enquête avec une grande richesse de sentiments). C’est une intrigue passionnante ! C’est un récit épique fantastique qui m’a permis de voyager à travers les époques et les contrés de l’Inde. Je n’oublierai pas de sitôt l’histoire de Nerys Watkins et celle de sa petite fille qui m’a donné envie d’y croire…

