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Deux secondes de trop - Rachel Joyce
Caractéristiques :
Genre : Roman
Grand format : 370 pages / 19,90 €
Résumé :
Byron vit en Angleterre, il a onze ans en 1972 et habite avec sa mère et sa petite sœur, leur père étant très souvent absent, en déplacement. C’est un petit garçon intelligent, qui partage une belle amitié avec James. Mais un jour, sa vie se teinte lorsque sa mère a un accident de voiture… Il est le seul à avoir vu la bicyclette renversée. Dès lors qu’il révèlera la vérité à sa mère, la situation ne cessera de se détériorer. En parallèle, de nos jours, Jim est un homme en marge. Il a subi plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, et souffre de TOC très pesants. Tout ça ne l’aide pas à s’intégrer, s’ajoute à un bégaiement prononcé et à une certaine agoraphobie. Seule Eileen, une jeune femme au drôle de caractère, ne le laisse pas indifférent…
Avis par Jake :
J’avais eu un tel coup de cœur pour La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi… que je suivais activement son auteur pour me tenir prêt à bondir sur son prochain roman. Son premier livre faisait preuve d’une telle beauté, si touchant et intimiste que cela présageait de belles futures nouveautés. Malheureusement, j’ai été très déçu par Deux secondes de trop. Si son résumé, légèrement mystique avec la composante du temps qui se modifie, et la touche historique avait de quoi attiser le lecteur, le corps du texte en revanche ne tient pas ses promesses. Les deux secondes en question ne sont qu’une anecdote, la première de nombreux blocages du personnage principal. L’écriture est excellente, en revanche, il n’y a rien à dire là-dessus. Dans Harold Fry, les faits avaient beau être tragiques, une note d’espoir brillait par-dessus tout. Deux secondes de trop est beaucoup plus dramatique, c’est la dégringolade de toute une famille auquel le destin semble réserver une source intarissable de malheurs ! Pendant longtemps, on ne voit pas où l’auteur veut en venir avec ses deux histoires parallèles, on attend l’élément déclencheur qui fera que le soleil revient. Mais non, il s’agit simplement d’une femme qui en exploite une autre à travers la culpabilité, et d’un fils qui voit sa vie passer du meilleur au pire.
La voleuse de livres - Markus Zusak
Caractéristiques :
Genre : Roman
Grand format : 526 pages / 19,90 €
Résumé :
Liesel est une jeune orpheline qui vient de perdre son petit frère, dernier membre de son passé… Elle est adoptée par deux allemands. Rosa devient « maman », une femme à la carapace solide et au jargon fleuri. Hans devient son « papa », un accordéoniste tendre qui deviendra très vite sa personne préférée au monde. Son voisin devient son meilleur ami : Rudy, qui ne se lassera jamais de lui quémander un baiser. Mais il ne fait pas bon vivre dans l’Allemagne pauvre de 1939… Et les choses se corsent encore plus lorsqu’un jour, un juif vient vivre dans leur sous-sol pour échapper à la persécution. Pourtant, tel un fil conducteur, quelque chose fait tenir Liesel : l’amour et le désir des mots… C’est ainsi qu’elle devient la voleuse de livres.
Avis par Jake :
Ce roman ne peut pas laisser de glace : il partagera en revanche très certainement ses lecteurs, par tous ses aspects. La narration, en premier, est très singulière. En effet, tout du long, c’est la Mort qui racontera les faits, non sans un humour noir très prononcé et un intérêt non dissimulé pour l’espèce humaine. Pour ma part, je n’ai pas accroché, en particulier lors des premières pages (heureusement, cela s’adoucit après). De même, la trame en elle-même est particulièrement triste (et touchante), bien trop pour un émotif dans mon genre ! Si malheureusement cela retrace une partie de notre Histoire (déplorable) qui a bien eu lieu, c’est une lecture trop lourde à mon goût. Pourtant, on ne peut nier que La voleuse de livres délivre également un message d’espoir, au même titre que la majorité des œuvres (tous supports confondus) qui traitent de la deuxième guerre mondiale. On retrouve le pire et le meilleur de l’Homme. La relation entre Liesel et son papa adoptif est particulièrement touchante, ainsi que celle la liant à Rudy, son meilleur ami. Mais la mort est véritablement omniprésente dans ce roman, et particulièrement dans les derniers chapitres qui m’ont laissé dans un état lamentable… C’est très beau, c’est aussi très très (trop) triste.
Theodore Boone (4/?) La menace - John Grisham
Caractéristiques :
Genre : Jeunesse / Policier
Grand format : 302 pages / 17,90 €
Résumé :
Theodore Boone, fils de deux avocats et membre d’un groupe de début est toujours très au fait de la loi… Mais cette fois-ci, c’est l’amitié qui le plonge dans une nouvelle aventure. En effet, une déviation coûtant plusieurs millions de dollars doit être votée, ce qui cause le renvoi de plusieurs professeurs de Théo, de policiers et de pompiers… mais cela implique aussi l’expropriation de certains amis du jeune garçon. Quand Theo apprend que cette loi est poussée par des politiciens véreux et des industriels avides de s’en mettre plein les poches, il n’hésite pas à s’impliquer dans le débat et la confrontation politique, allant jusqu’à créer avec ses amis un mouvement cherchant à bouleverser l’opinion publique ! Mais cela suffira-t-il pour contrebalancer le pouvoir de l’argent ?
Avis par Jake :
Un nouvel opus pour cette saga normalement dédiée à la jeunesse (mais ma mère vous contredirait, puisqu’en grande fan du célèbre Grisham, elle attend avec impatience chaque nouvelle aventure de Theodore Boone !). Un tome que j’ai beaucoup apprécié : investi dans la politique, il n’a pas peur de relever les problèmes de notre société. J’ai trouvé que c’était à la fois une bonne histoire, mais également (comme c’est souvent le cas avec Theodore Boone, d’ailleurs) un livre très instructif. Il y a toujours une composante pédagogique, qui vise à en apprendre plus aux jeunes (et moins jeunes) sur la loi, sur la démocratie ou le droit en général… En plus, ici Theo devient plus « humain », soumis aux tentations adultes, aux solutions faciles. Ce n’est plus totalement le garçon aux idées manichéennes, et c’est appréciable : le lecteur peut ainsi grandir avec son personnage ! La trame est bonne, touchante par moment avec les déconvenues du chien de Theo… C’est une histoire qui vous fera passer un très bon moment !
Avis par Lolo :
Encore une belle aventure du jeune Théodore Boone. Tous les ingrédients chers à Grisham sont là et qui plus est adaptés à un public plus « ado ». On constate que si les adultes faisaient plus cas des jeunes ceux-ci arriveraient à débrouiller des situations parfois très complexes. Ici notre jeune héros va découvrir le monde de la politique et tout ce qui va avec. Il va donc logiquement se renseigner sur le sujet et bien entendu John Grisham va encore une fois se mettre à la portée de jeunes lecteurs. Toutes les choses juridiques compliquées vont nous être expliquées de manière simple et vraiment intéressante. Avec ce quatrième volet des aventures du jeune Boone nous montons encore d’un cran dans la « vraie vie », à savoir que certains ne reculent devant rien pour leur profit. Le chien de Théo en fera d’ailleurs les frais… Mais je ne révélerai rien de plus, juste qu’un roman de John Grisham est toujours un vrai bon moment de lecture avec une morale au final que chacun sera libre d’interpréter à sa guise !
BD Oksa Pollock (1/?) L?inespérée - Nauriel & Plichota & Wolf & Corbeyran
Résumé :
Oksa Pollock a 13 ans. Elle vit à Londres avec ses parents et une grand-mère un peu originale… Mais alors qu’elle s’apprête à la rentrée dans son nouveau collège, d’étranges phénomènes commencent à se produire autour d’elle… Elle semble devenue capable de bouger les objets par la pensée, de s’élever dans les airs, ou même de projeter des boules de feu ! Elle ne peut en premier leu parler de ses dons qu’à Gus, son meilleur et plus fidèle ami… Sauf que bientôt le secret s’évente dans sa famille, et elle apprend la vérité sur ses origines. Car si Oksa se pensait normale, elle a faux sur toute la ligne ! Elle provient du monde du-dedans : Edefia, que les Sauve-qui-peut ont dû quitter pour survivre… Oksa a la marque, ce qui veut dire qu’elle est probablement la seule à pouvoir sauver le royaume d’Edefia… Elle est l’inespérée !
Avis par Jake :
J’avais lu le 5ème tome de la saga Oksa Pollock, et j’avais bien accroché… Et bien je trouve cela encore mieux en BD ! Le style colle parfaitement avec les dessins. L’ambiance y est très chaude, très agréable. Les dessins sont aérés et les couleurs parfaites (rien de trop agressif et les expressions sont très claires). Le texte sélectionné suffit pour nous plonger dans l’univers hors du commun d’Oksa et l’aventure en elle-même est assez prenante, bien que le premier tome soit insuffisant… On veut la suite ! Oksa est un personnage fort à qui l’on s’identifie facilement, c’est le cas également de son ami et confident : Gus. La grand-mère un peu loufoque est la clé des origines d’Oksa et assure une présence apaisante. Les parents sont un petit peu en retrait, mais cela changera peut-être par la suite. La couverture de l’album est magnifique et attire immédiatement l’œil ! Bref, à l’heure où les adaptations BD foisonnent, le premier opus d’Oksa Pollock est une réussite ! On lui souhaite beaucoup de succès et on attend sa suite avec impatience…
Susan Hopper (1/.) Le parfum perdu - Anne Plichota & Cendrine Wolf
Caractéristiques :
Genre : Jeunesse / Fantastique
Grand format : 396 pages / 16,90 €
Résumé :
Susan est une adolescente de 14 ans vivant dans un orphelinat. A la question : « tes parents te manquent-ils ? », elle se voit obligée de répondre par la négative, puisqu’elle ne les a jamais réellement connus. Les malheureux ont péri dans un feu alors qu’elle n’avait que trois ans. Depuis, elle a été confiée à 22 familles d’accueil différentes, d’où elle faisait son possible pour partir. En effet, Susan ne veut aller qu’à un endroit : là où elle retrouvera le parfum perdu. Le seul vestige de sa vie volée : l’odeur que portait sa mère et qui imprègne toujours une écharpe héritée de sa famille. Ses souhaits sont réalisés lorsqu’elle emménage auprès des Hopper, une riche famille vivant dans un manoir Ecossais. Mais elle y fera la plus effrayante des découvertes : le décès de ses parents n’était pas accidentel… Il semblerait bien qu’une menace pèse sur sa famille depuis plusieurs générations…
Avis:
« Susan Hopper » est le dernier bijou de jeunesse que nous devons au duo créateur (ou plutôt duo de créatrices !) de la saga Oksa Pollock qui trouve le succès dans de très nombreux pays… Et l’on comprend pourquoi ! L’écriture est impeccable, le style assez agréable et poussé. C’est un roman que je conseillerais bien volontiers à mes enfants, en étant certain qu’ils apprendront beaucoup. L’histoire est très originale (en particulier pour un roman jeunesse) et me rappelle un peu les trouvailles fantastiques de Serge Brussolo. Susan est une adolescente criante de vérité, dont la personnalité n’est pas toute « rose ». Elle a ses défauts et ses qualités, ce qui la rend bien plus humaine que certaines héroïnes peu crédibles. On regrette la fin un peu abrupte, mais elle invite à la lecture de la suite (à quand sa sortie ?). Le public visé (12 à 16 ans environ) aimera le personnage de Georgette, la petite chienne zozotteuse, ainsi que d’Eliot, l’adolescent souffrant d’une maladie contraignante mais qui garde toujours le sourire. Du côté des adultes complices, il y a bien sûr le grand père… « Susan Hopper » saura sans aucun doute conquérir son public ! Je sais que je n’hésiterai pas à lire sa suite.
Richard Coeur de lion (1/?) L'ombre de Saladin - Mireille Calmel
Caractéristiques :
Genre : Roman
Grand format : 416 pages / 19,90 €
Résumé :
En 1189, alors que Loanna de Grimwald a désormais plus de soixante ans (mais une vaillance de jouvencelle), elle est de nouveau emportée dans une aventure qui la mènera au cœur de la guerre sainte. Dotée de l’épée sacrée Marmiadoise et accompagnée de ses proches, dont Jaufré, son amour depuis toujours et Aliénor, elle combattra pour l’Angleterre et son nouveau roi : Richard Cœur de lion. Pour cela, elle devra faire face à ses anciens démons, ainsi qu’à un personnage qu’elle a déjà croisé sur sa route : Saladin, le prince musulman.
Avis par Audrey :
Ce livre, qui est le premier tome d’une nouvelle saga de Mireille Calmel, est en réalité une suite de ses précédents ouvrages (« Le lit d’Aliénor » et « Aliénor », soit 4 tomes en tout). N’ayant pas lu les deux précédents opus, j’ai pu me retrouver frustrée à certains moments de ma lecture. En effet, de nombreuses références étant faîtes tout au long du roman, mieux vaut avoir lu ces livres. Ceci dit, ce premier tome peut largement se suffire à lui-même ! Etant une inconditionnelle de cette auteure, j’ai été heureuse de retrouver mes personnages fétiches, surtout après dix longues années d’attente ! (Le premier roman étant paru en 2002 !) C’est toujours aussi bien écrit et la lecture se fait très rapide ! Les personnages sont toujours aussi attachants et le fond historique est extrêmement bien documenté, ce qui le rend réaliste et détaillé. La force de l’auteure est que malgré l’âge, ses personnages féminins sont toujours aussi vivants et fougueux ! En conclusion, bien sûr il faut lire la suite ! Quant à ceux qui souhaiteraient découvrir Mireille Calmel, mieux vaut peut-être commencer par « Le lit d’Aliénor »… Et ils voudront sans aucun doute connaître la suite passionnante des aventures des personnages ! De mon côté, je n’ai qu’une envie : me plonger dans les deux seuls livres de cette auteure que je n’ai pas encore lus !
Demain - Guillaume Musso
Caractéristiques :
Genre : Roman
Grand format : 440 pages / 21,90 €
Résumé :
Matthew est veuf depuis un peu plus d’un an. Il vit avec sa fille et sa colocataire. Un jour, il achète un vieil ordinateur d’occasion et entame une conversation internet avec sa précédente propriétaire : Emma. Elle est à la recherche de l’amour depuis toujours et sa solitude est son plus dangereux ennemi, comme en atteste une précédente tentative de suicide… Les deux se donnent rendez-vous lors d’un dîner… mais ils ne se rencontrent jamais. Pour une excellente raison : Matthew vit en 2011 alors qu’Emma vit en 2010. Lorsque la réalité frappe soudainement les protagonistes, deux évidences apparaissent : si dans son époque, Matthew a l’ordinateur de la jeune femme, c’est parce qu’elle est morte… Alors qu’en 2010, l’épouse de l’individu est encore bien vivante… Est-ce qu’Emma tentera de la sauver ?
Avis :
Superbe ! A la possible exception de « Seras-tu là ? », « Demain » est sans conteste le meilleur roman de Guillaume Musso. Partant d’une idée qui ne peut qu’accrocher : le paradoxe temporel, l’auteur parvient à créer une romance et une enquête passionnantes ! On notera évidemment le parallèle de l’intrigue initiale avec la géniale comédie romantique « Entre deux rives » (Sandra Bullock et Kenu Reeves), autrement dit : deux personnages dans deux époques différentes. Mais l’histoire prend vite son propre envol. Les premiers échanges entre Emma et Matt sont tout bonnement addictifs ! On trépigne, voulant avancer plus vite dans le livre pour se nourrir des sentiments réciproques des personnages. Le principe des e-mails est tout à fait de notre époque et réussit à supprimer tous les passages lents qui auraient pu se faire sentir. Puis les surprises s’enchaînent à grande vitesse, ce qui empêche le lecteur de déposer son roman ! Le ton est vite donné et la lecture se fait facilement. Le style est toujours agréable. On retrouve des protagonistes blessés et bourrés de faiblesses, mais pas complètement drogués ou alcooliques comme dans certains des romans de l’auteur, ce qui les rend bien plus sympathiques et attachants. Les avis peuvent différer, mais l’enquête n’est pas pour moi le point crucial de l’histoire. La relation entre Matt et Emma, l’est en revanche. L’étincelle entre ces deux personnages entiers est géniale ! Emma est très bien définie et son métier de sommelière apporte une touche d’exotisme à l’histoire. Vous l’aurez compris : je suis complètement tombé sous le charme de ce livre qui se dévore en quelques heures !
Le sang des dauphins noirs - Elena Sender
Caractéristiques :
Genre : Roman
Format poche : 414 pages / 19,90 €
Résumé :
Rachel est mère d’un enfant handicapé incapable de marcher. Son fils Sacha est en effet victime d’une maladie très rare causée par la prise de gélules aux omégas 3 prises durant la grossesse de sa mère. Révoltée contre l’industriel qui s’est lancé dans une commercialisation non-conforme à la loi, Rachel s’engage dans une compagnie écologiste non violente : Green Growth. Elle parvient ainsi à équilibrer sa vie grâce à Christa, la mère de son compagnon qui a fui devant le traumatisme de son fils. Mais lors d’une sortie en mer contre le massacre rituel des dauphins aux îles Féroé, le Zodiaque de Green Growth explose. Rachel s’en sort, mais va tenter par tous les moyens de trouver le responsable de la bombe. De son côté, elle aura un journaliste avec qui elle aurait bien pu finir, si le destin en avait décidé autrement, et une mystérieuse source anonyme, qui avait tenté de la prévenir de l’attentat… En parallèle, sa vie personnelle se voit bouleversée par de grands changements lorsque Sacha commence à bouger ses jambes…
Avis :
Ce livre entre roman et thriller est le deuxième d’Elena Sender à qui l’ont doit « Intrusion ». Personnellement, je le classerais d’avantage dans les romans, compte tenu du nombre de personnages, et surtout de l’intensité des relations entre eux. Sa vie avec Sacha, un enfant particulièrement attendrissant est au centre du livre et parviendra à nous toucher par l’émotion que les deux partagent. Le roman est somme toute inégal, tant par sa construction : il est découpé en trois avec une dernière partie qui fait plutôt office d’épilogue ; que par son intérêt. Le premier acte n’est pas très prenant, il traite énormément de Green Growth et de la part écologiste du roman. Ainsi, les écolos seront ravis par les recherches de l’auteur qui sont impressionnantes. Il est alors difficile de ne pas se sentir impliqué dans l’histoire. Malgré tout, la trame n’avance guère. La deuxième partie est bien plus entraînante ! Les relations entre les personnages se développent beaucoup plus vite, l’histoire s’accélère et le dénouement se rapproche. On est happé par l’écriture très fluide et agréable. La fin est un petit peu frustrante car moins explicite que le reste du roman qui explore avec précisions chaque émotion et ressenti. « Le sang des dauphins noirs » est un roman qui, sans être transcendant, est assez agréable et très instructif sur les horreurs et la barbarie des Hommes au profit de l’argent…
La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi... - Rachel Joyce
Caractéristiques :
Genre : Roman
Grand format : 364 pages / 19,90 €
Résumé :
Harold Fry vit depuis sa retraite avec sa femme, Maureen, sans que rien ne vienne entacher leur quotidien. Comme de nombreux couples, les deux n’ont rien à se dire, se contentant de partager des formulations d’usage, sans même partager le même lit quand vient la nuit. Mais un jour, Harold reçoit une lettre qui lui retourne l’estomac : Queenie, une de ses anciennes amie et collègue, avec laquelle il a perdu contact depuis bien des années, est mourante. Elle lui envoie un dernier mot pour lui dire qu’il a compté pour elle. Pour assurer, qu’il a été un ami. L’émotion transforme le retraité. Il décide de répondre, mais que dit-on à une personne condamnée par le cancer ? En allant poster sa lettre, il allonge le pas et traverse la ville. Et l’idée lui vient d’une employée de station service : et si sa foi pouvait sauver son amie ? S’il parvenait à traverser l’Angleterre à pied, Queenie serait forcée de l’attendre ! Son geste ne pourrait que sauver la vie de la cancéreuse ! C’est ainsi qu’il se lance, vêtu de simples chaussures bateau, d’une cravate et de sa chemise. Il croisera sur sa route des dizaines de protagonistes différents, tous en deuil, à leur propre manière. Et le passé reviendra le hanter…
Avis par Jake :
Ce roman est le premier de l’anglaise Rachel Joyce, ancienne scénariste. Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi beau et fort en émotions. Gros coup de cœur pour cet ouvrage. L’écriture est simple, et le lecteur ne peut que s’immiscer dans la vie d’Harold. L’histoire est intrinsèquement mêlée à des flashbacks, qui nous ramèneront dans la jeunesse d’Harold et Maureen, nous expliquant peu à peu la source de leur malaise et de la scission qui existe entre eux. Lors des rencontres d’Harold, on est tour à tour choqué, troublé et ému. Ce roman est une source d’inspiration, prônant la bonté et la simplicité de la vie. Il encourage également à vivre le moment présent sans laisser la vie passer devant soi, un conseil qui vaut pour tous. Le personnage d’Harold est attachant, très pathétique par moments, car issu d’une génération de baby-boomer très réservée. Harold en vient souvent durant sa vie, à vivre à demi plutôt que dire ce qu’il pense. Sa relation avec Queenie, contée par les flashbacks est une vraie histoire d’amitié qui émeut le lecteur. Pourtant le ton se veut drôle et positif. Ce roman est une merveille qui m’aura arraché de multiples émotions, du rire aux larmes. Je ne peux que vous le conseiller vivement en vous assurant que vous ne pourrez le lâcher, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit (d’ailleurs, je suis un peu crevé, du coup !). Une magnifique histoire, simplement sublime : un vrai coup de coeur. A LIRE.
Avis par Lolo :
Tout commence par le sujet : Il était parti poster une lettre et finalement décide de la remettre en mains propres à son amie Queenie à l’autre bout du pays…Ce livre est un bouleversement total et on passe du rire aux larmes du début à la fin. Comment ne pas être touché et ému corps et âme par les personnages principaux à savoir Harold, sa femme Maureen, Rex le voisin et aussi et surtout Queenie la collègue d’Harold. C’est sa lettre lui annonçant qu’elle a un cancer qui sera le catalyseur et qui fera qu’Harold va se dépasser et va faire ce long chemin physiquement mais également intérieurement. Lui qui a tellement de mal à communiquer mais qui a une sensibilité terrible va se transformer au fur et à mesure de sa longue marche et de ses différentes rencontres. C’est tout simplement magnifique ! Sa femme elle aussi va réaliser de ce fait beaucoup de choses concernant Harold, leur couple et toutes ces années passées « sans communiquer, sans être capable de partager des sentiments allant de l’amour à la peine ». Rex, leur voisin va aider Maureen car ayant perdu sa femme 6 mois auparavant il connaît la souffrance et le fait de pardonner à ceux que l’on aime. Quant à Queenie cette incroyable femme qui était la collègue d’Harold va les sauver à sa manière…Nous parcourons ce long périple avec Harold, ce renouveau avec la nature, cette foi en l’être humain. Il va rencontrer des personnes vraiment adorables mais aussi quelques une peu recommandables dont il verra pourtant le bon côté. Que dire des cent dernières pages, sinon qu’il s’agit d’une profusion de sentiments qui vont éclater au grand jour et qui sont touchants parce qu’ils sont tellement vrais, tellement remplis d’émotions qu’on ne s’en tire pas sans les larmes. C’est bouleversant et superbe ! Merci à l’auteur de cet incroyable voyage qui nous incite à exprimer ce que nous ressentons plutôt que de vivre avec des non-dits destructeurs.
Le cercle - Bernard Minier
Caractéristiques :
Genre : Policier
Grand format : 559 pages / 20,90 €
Résumé :
Un étudiant d’une prestigieuse école de khâgne du Sud Ouest est retrouvé à moitié drogué dans le jardin de son professeur. La femme a été battue, avant d’être attachée et noyée dans sa baignoire. Groggy et incapable de se souvenir des récents événements, le jeune Hugo est placé en garde à vue. Sa mère n’est autre que l’amour de jeunesse du commandant Martin Servaz, qu’elle appelle à l’aide pour sauver son fils d’une incarcération inéluctable. Mais bientôt, les circonstances du meurtre vont troubler Martin : des traces semblent avoir été laissées à son intention par « Le Suisse », un des plus grand serial killer qui s’en prend exclusivement aux femmes. Le tueur voit en Martin un égal, et entretient à son égard des sentiments fraternels complexes… Margot, la fille du commandant, est quant à elle étudiante dans le même bahut que Hugo et ne tardera pas à mener son enquête afin d’innocenter le jeune homme. Avec l’aide de son ami Elias, elle révèlera une confrérie étrange « Le cercle » née d’une catastrophe des années plus tôt, et à laquelle Hugo ne serait pas étranger…
Avis :
Bernard Minier est un auteur relativement récent, mais qui est déjà parvenu à se distinguer avec son premier roman « Glacé », qui lui a permis de remporter le prix du meilleur roman francophone du festival Polar 2011 de Cognac… Et l’on comprend pourquoi : son roman est parfaitement exaltant ! Peu versé dans le genre policier, je me suis pourtant surpris à tourner chaque page avec envie et impatience, tentant malgré moi de débusquer le coupable avec le commandant Servaz. Ce qui fait le brio de ce roman est la complexité des personnages qui sont tous plus criants de vérité les uns que les autres : ce sont des êtres torturés avec leurs faiblesses et leurs qualités. A chaque chapitre, le doute est relancé quant à l’identité du meurtrier qui pourrait être n’importe lequel de ces personnages aux facettes sombres. Le héros est perdu, lui-même en conflit avec son passé et incapable de se détacher de ses mauvaises expériences familiales et amoureuses. Seule Margot, sa fille, est sa bouffée d’air frais et lui permet d’aller de l’avant. L’enquête menée sur plusieurs fronts à la fois par Servaz, Margot et Ziegler – une gendarme lesbienne au caractère bien trempé – est dynamique et prenante. Les interludes (récit d’une femme prisonnière dans le cachot de son bourreau) sont emprunts de terreur et d’anxiété et communiquent au lecteur toutes ces émotions qui vous glacent le sang. Et le final reliant ces deux histoires est tout bonnement époustouflant ! L’écriture sans faute est de bonne qualité et le genre est plaisant et spirituel. Les quelques flashbacks sont bien menés et donnent une plus grande dimension aux personnages. Ce roman est un coup de cœur, et m’invite à la lecture de l’œuvre précédente de l’auteur : « Glacé » afin de retrouver un de mes personnages préférés : le commandant Martin Servaz.









